La Fontaine de la Parole

    La Transfiguration du Seigneur

    2e dimanche du Carême A – 1er mars 2026

    Pas besoin de passer par les boutiques spécialisées en herbes aromatiques et produits hallucinogènes pour expérimenter ce phénomène que l’on appelle communément « être en transe »…

    Je m’explique. Il est prouvé scientifiquement que la prière, la méditation — et j’ose ajouter l’oraison, ce temps de silence et d’amitié que l’on prend avec son Seigneur — peuvent produire parfois un état spirituel de « transe », de plus ou moins longue durée et d’intensité.

    « En ce moment (19 mai 1625), toutes les puissances de mon âme furent arrêtées et souffrantes sur l’impression qui leur était donnée de ce sacré mystère, sans forme ni figure, mais plus claire et intelligible que toute lumière (…) me fit voir le divin commerce qu’ont ensemble les trois divines Personnes. »

    Sainte Marie de l’Incarnation, cofondatrice de l’Église canadienne au 17e siècle, a expérimenté ces « transfigurations » à certains moments-clés de sa vie. Cette « vision » trinitaire l’aida à persévérer dans son union à Dieu et sa mission propre, au travers les difficultés de la vie coloniale et quotidienne.

     « Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière. » (Mt 17, 2) 

    C’est ce même phénomène que Jésus a vécu avec ses disciples sur la montagne. Ce moment d’Esprit Saint l’a conforté dans l’accomplissement de la volonté du Père comme Fils bien-aimé, le soutenant ainsi dans sa mission universelle à donner sa vie par amour.

    Même expérience pour Pierre, Jacques et Jean. La transfiguration de Jésus prépare leur être à la crucifixion et à la mise au tombeau, mais plus encore au mystère de la Résurrection, dont ils deviendront les premiers témoins pour le monde entier !

     On ne demeure pas en transe… sous la tente, pour le plaisir ! 

    Saint Paul nous rappelle que nous sommes « appelés à une vocation sainte (…) à cause de son projet à lui et de sa grâce » (2 Tm 1,9).

    Le Carême se révèle ainsi un moment de « transe » pour nous interpeller à mieux vivre notre vocation de fils et filles de la Lumière !


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    Y. Michel Lafontaine, prêtre
     Diocèse Saint-Jérôme – Mont-Laurier